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"séparée" de François de Singly

Un livre intéressant à lire, qui nous est signalé par Irène Nanni (inanni@armand-colin.fr)

Bonjour,

Dans le cadre de votre site, vous serez peut-être intéressée par le dernier livre de François de Singly qui vient de paraître autour de la séparation: Séparée, François de Singly / Éditions Armand Colin (novembre 2011).

75% des divorces sont demandés par les femmes ! Ce chiffre est rarement commenté et c’est ce que François de Singly fait dans ce passionnant essai en s’appuyant sur de nombreux témoignages féminins.

Il me semble qu’il y a un véritable intérêt pour ce sujet autant du côté des femmes (qui, grâce à cet ouvrage, peuvent se reconnaître dans certaines situations, certains modèles de séparation) que du côté des hommes (qui peuvent comprendre le ressenti des femmes lors d’une rupture et les raisons qui motivent la séparation).

Veuillez trouver ci-dessous le texte de l’interview que l’auteur nous a accordée :

François de Singly, vous dites dans votre livre que la séparation est avant tout une affaire de femmes, pourquoi ?

Je suis parti d’un chiffre étonnant : 75% des divorces sont demandés par les femmes !
Or ce chiffre est rarement commenté. Il s’explique si on se resitue dans l’histoire : dans le mariage bourgeois, l’homme avait une épouse-mère à la maison, et il avait sa vie sexuelle et même affective avec sa maîtresse. Les hommes n’ont jamais demandé l’inscription du divorce dans la loi. Ce sont les femmes qui ont voulu progressivement avoir le droit de se séparer de leur mari. Le divorce est donc l’une des modalités de l’émancipation féminine.

Selon vous, François de Singly, pourquoi les femmes se séparent-elles ?

Schématiquement bien sûr, je distingue 3 types de séparations. Dans le premier type, ce sont des femmes qui, ayant tout donné pour le couple et la famille, se sentent niées dans leur être à la suite d’un manque de reconnaissance du mari, voire d’une tromperie. Elles se séparent pour survivre. La deuxième séparation est plus surprenante, et nouvelle dans l’histoire. Ce sont des femmes qui envisagent le couple comme une étape, parmi d’autres, dans la construction de soi. Le troisième type de séparation est un compromis entre les deux autres. Ces femmes ont une exigence de vie tant sur le plan personnel que conjugal/familial. L’égoïsme masculin, le manque d’investissement réciproque dans la communauté familiale les conduisent à la séparation. Une séparation avec l’envie de retrouver un « nous » plus équitable. Au-delà de ces différences un point commun se dégage de ces 3 types de séparation : un hymne à la libération !


connaissez-vous Lalla Essaydi ?

L'objectif de la photographe-peintre, Lalla Essaydi, vise à "corriger" l' image "simpliste" de la femme arabo-musulmane de l'époque 19e-20e siècle, longtemps véhiculée en Occident, à partir des peintures orientalistes. C'est à partir de ces peintures, notamment "Les femmes d'Alger" de Delacroix que l'idée à germé dans mon esprit et que la série "Les Femmes du Maroc" est née, explique l'artiste.

Toutes les surfaces visibles, toile de fond, sol, draperie, peau, sont peintes en calligraphie arabe. Traditionnellement, une forme d'art masculin, la calligraphie est ici, associée, par lalla Essaydi, au henné, pour enjoliver les tableaux mais également pour écrire  son histoire, le déroulé de sa vie. D'abord à Marrakech, à l'abri d'une famille conservatrice, puis dans d'autres pays, notamment en Arabie Saoudite, en France et aux Etats-Unis.

Cette écriture, illisible, au premier regard, est agencée telle une fresque, d'où jaillit de temps à autre, une lettre, un mot, puis deux - "Al Maarifa " (connaissance), "Al Ouloum" (Sciences)... tel un journal intime entrouvert.

C'est le "journal de ma vie", lance-t-elle. "Tous ces écrits que vous voyez, représentent ma vie, mon quotidien. J'ai toujours rêvé d'écrire", confie-t-elle.

                                                                                      (extraits tirés de "Marrakech info")

Nadine Labaki

                         Celles et ceux qui avaient déjà beaucoup aimé "Caramel" apprécieront d'autant plus le nouveau film de Nadine Labaki "Et maintenant on va où ?" qui va beaucoup plus loin encore : Nadine Labaki sait rendre comme personne une communauté de femmes, leurs rires et leurs larmes dans ce monde : mais aussi ce qu'elles veulent de ce monde, et leur courage pour y arriver;

                         Comme il est dit ici où là sur ce site, au travers de différentes oeuvres, l'amour est un combat, il ne nous est pas donné sans bousculer des habitudes millénaires... dont la guerre

"Et maintenant on va où ?" à aller voir, vite

 

la Tunisie à l'honneur

Une fois n'est pas coutume, aujourd'hui c'est l'annonce d'un film qui va sortir le 21 septembre en France :

Il s'agit de "Laïcité inch'Allah" de Nadia El Fani, film franco-tunisien et qui a reçu le prix international de la laïcité 2011 :

Pour suivre le combat de nos soeurs tunisiennes, ne pas oublier aussi de lire le blog de Lina Ben Mhenni, "A tunisian girl", à l'adresse

http://atunisiangirl.blogspot.com

Bel été à toutes et tous dans la parole des femmes !

la parole à Nadia Nadege

Cette semaine dans le blog, la parole est à Nadia Nadege...

 

Dans quelle mesure les histoires qui nous habitent influencent-elles nos choix et nos
comportements de femmes dans notre société ? Avons-nous l’occasion de
raconter notre histoire ? En premier lieu, de nous la raconter à nous-mêmes. Puis de
la révéler aux autres pour nous mettre en lumière, nous dire, nous révéler.
 Quelle est l’histoire qui nous habite ? L’histoire qu’on se raconte, l’histoire qu’on nous
raconte – en particulier sur le fait d’être une femme, sur ce que nous devons être et ce
que nous devons faire et ce que nous devons penser en tant que femmes, sur ce que
nous ne pouvons ni être ni faire et encore moins penser en tant que femmes.
 Quelles sont les histoires dont nous avons héritées de nos grand-mères et de nos
mères ? quelles sont les histoires que nous avons transportées et peut-être passées à
nos sœurs, nos filles, nos compagnes, nos amies ?
 Raconter – dire simplement ce que c’est pour moi que d’être une femme, de vivre dans
un corps de femme, fait partie de cette histoire que nous partageons et que nous
transportons avec nous partout toujours tout le temps…


Cette histoire de femme qui m’habite me rend le pouvoir lorsqu'elle se révèle : choisir de continuer à la transporter, ou choisir de la modifier, ou choisir de la laisser là pour en construire une autre qui me donnera plus de puissance intérieure.


C'est pourquoi j'ai créé cette oeuvre murale textile L'écho des murailles, l'écho des entrailles faite d'une centaine de silhouettes de chiffon dont les poches sont emplies de messages laissés par les femmes sur le blogue echo-de-femmes. Ainsi nous piochons un message et le remplaçons par un autre tiré de la Corbeille de paroles... et nos paroles se transmettent et inspirent entre femmes.


Pour voir les vidéos : http://nadia-nadege-en-video.blogspot.com/p/installations_639.html (premier film de la page)
Nadia Nadège, Montréal (Canada)
www.nadia-nadege.com
www.le-blogue-de-nadia-nadege.blogspot.com
www.echo-de-femmes.blogspot.com

"celles qui attendent"

                                La parution d'un nouveau roman de Fatou Diome (Sénégalaise qui vit et écrit en France) est toujours un événement pour ceux et celles qui aiment la littérature... Son dernier "celles qui attendent" parle des épouses et mères des jeunes travailleurs émigrés, de celles qui sont restées là-bas, au loin, qui vivent dans l'attente et l'inquiétude et dont personne ne parle...

                                Comme toujours la langue et l'écriture sont au service d'une grande sensiblité aux choses et au monde, aux relations entre les personnages, et à la description de la vie. Et comme toujours des réflexions philosophiques émaillent le récit

                                Un régal qui nous donne à voir et à ressentir.

Entendu au quotidien

                     Ce site a pour objet de faire connaitre des oeuvres littéraires ou des essais, bref des écrits - émanant de femmes et exprimant leur regard sur le monde.

                     Mais vraiment nous ne résistons pas à inciter à la consultation du blog "viedemeuf", très bien fait, succession de petites phrases entendues au jour le jour, quotidiennement par les femmes dans leur travail, dans leur couple, dans la rue.

Des petites phrases qui échappent et qui en disent long, dans lesquelles tout le monde se reconnait

http://viedemeuf.blogspot.com/

women without men

                                          Le film de Shirin Neshat - photographe et cinéaste iranienne - "women without men", évoque le destin de quatre femmes, une femme mûre qui quitte son mari, une prostituée, et deux jeunes filles dont l'une refuse le mariage pour s'engager en politique et l'autre aspire à un mariage traditionnel qu'elle remettra au final en question.

                                          Même si le film se déroule dans une période historique de l'Iran, déterminée et très importante - 1953, période où le pays va basculer dans une dictature téléguidée par les Etats Unis,-  les personnages, leur traitement artistique, sont parfaitement symboliques, sur quatre histoires de femmes, quatre facettes de la condition féminine. Les prises de vue et les photographies en sont magnifiques, et si il y a quelques longueurs, le message de ce film est multiple et très fort.

Andrée Chedid

                                                        Andrée Chedid vient de mourir à Paris à l'âge de 90 ans.

Née au Caire elle y avait poursuivi ses études jusqu'à 22 ans, moment de son mariage avec Louis Chedid (père) qui deviendra Professeur à L'institut Pasteur après quelques années passées au Liban.

A partir de ce moment Andrée Chedid écrit en français, des oeuvres de poésie, de théâtre, des romans et nouvelles.

Avec cette très belle écriture qui est la sienne elle parle de  vie, de rapport au monde et des rapports que les êtres humains entretiennent entre eux.

Puisqu'on parle actuellement de philosophie à enseigner aux enfants ... un zoom sur un de ses petits livres "l'autre", qui leur est un peu destiné, mais que tant d'adultes devraient lire : Une histoire pleine d'humanité et d'émotion qui se passe au moment d'un tremblement de terre...

Du Nil à la Seine... découvrons ou relisons Andrée Chedid

 

Incendies

                                   "Ecoutez ce que disent les femmes" ... si une oeuvre illustre  le titre de notre site c'est bien "incendies" le nouveau film de Denis Villeneuve, québecois, d'après une pièce de théâtre de Wajdi Mouawad, écrivain libanais vivant au Québec

                                    On ne racontera pas l'histoire pour préserver celles et ceux qui ne l'ont pas encore vu, ce film dont on sort marqué pour un très long temps ;

                                    Mais...

                                   Juste envie de dire que deux enfants partent à la recherche de l'histoire de leur mère - ce qui  ferait un thème à soi tout seul,- et que  c'est beaucoup beaucoup plus...

                                    Et encore que c'est un film hautement symbolique sur le père, le fils, la femme et la mère dans une guerre sanglante;

                                    Comment rester soi-même lorsque on est agressée, torturée, sans jamais adopter l'idéologie et les méthodes de l'ennemi, et au final être celle dont la pensée arrivera à dépasser la colère  et créer ? Etre la femme qui chante.

                                     Merci aux hommes qui ont ce regard sur les femmes