Qu'en dire de ces mémoires ?

                           

            Voilà, je n’ai rien changé à mes notes du carnet, rien supprimé non plus, juste allégé le long épisode de la pneumonie, dont on pourrait penser qu’il n’a rien à voir. Mais il a à voir, bien sûr que si. Car le cancer n’arrive jamais dans une vie de malade qui serait vierge de tout événement, atypique et neutre. Il arrive toujours dans une histoire humaine. Pour moi cela a été cette double peine de maladie. Pour d’autres cela pourrait être la dépression, une histoire familiale, une séparation, que sais-je. Souvent la maladie joue le rôle de révélateur supplémentaire.

 

 

                       Toute ma vie j’ai côtoyé des médecins, et ils m’ont accompagnée, soignée, certains très amicalement. Je pense simplement, et contrairement à ce qu’on peut croire, je ne suis pas seule à le penser, loin de là,  qu’il y a dans cette histoire un double phénomène ;

               D’une part dans le cas de l’organisme public, une énorme machine, trop grosse, doublée d’une croyance aveugle dans la technologie et les statistiques, qui fait que le médecin regarde toujours l’écran et ne s’intéresse absolument pas au malade – mais où sont les caractères scientifiques des statistiques ?-Que nous importe de savoir qu’en cas d’ablation 95% des malades sont guéris, si nous ne savons si nous sommes, nous dans les 5% restants ? Et à échelle humaine n’est-ce pas la somme des histoires de chacun qui est importante, plutôt qu’une grille récupérée d’un logiciel ?

                       D’autre part, au bout, il y a aussi ceux qui profitent totalement de la situation de trop plein et de la détresse des malades pour se faire un fric fou. C’est le cas du « triumvirat » de la clinique dont j’ai parlé, cabinets privés, une clinique, voire deux. Ceux là ne sont que des mécaniciens et des commerçants. D’ailleurs, dans le dernier entretien que je raconte, le terme de « Docteur » n’a pas pu sortir de ma bouche, tant j’étais convaincue d’être une pauvre Citroën dans un garage dont on avait raté la réfection des freins. Ceux là se réclament du Public et de L’Institut alors que leur objectif n’est que club de Golf et salons. Et on ne peux s’empêcher de penser à ce qu’ils règlent, ces hommes, comme problème personnel, en prenant tant de plaisir à couper des seins quotidiennement…

 

                       Encore derrière tout cela, il y a, il faut le dire aussi, un sentiment du Savoir dans lequel jamais on n’invite le malade. Il est considéré d’emblée comme un inculte et un imbécile ; il ne peut y avoir, par définition, de malade qui a fait des études, ou de malade qui connaît les sciences ; à ce sujet, la réflexion du laboratoire analysant le lambeau qui m’avait été retiré est significative « nous ne vous donnerons pas les résultats, vous ne les comprendriez pas » Ah, bon ?

On se connaît ?

 

                       Et encore derrière tout cela, il y a bien sûr, qu’il est impensable que le malade puisse, par son expérience et sa propre réflexion, apporter quelque chose à la science médicale

 

 

    

 

    

 

 

 

 

 

   

 

 

Sous-pages
Commentaire (1)

1. vtt Le 27/11/2009 à 11:35

Lien vers le site web de vtt Envoyer un e-mail à vtt
Je viens tout juste de découvrir et je dois avouer que c'est une superbe site au contenu super intéressant, félicitation et surtout bonne continuation.

Sylvain,

vtt occasion
Ajouter un commentaire
Vous

Votre message

Champ de sécurité

Veuillez recopier les caractères de l'image :